CINI 2026 CINI 2026

Colloque International Nianguiry KANTE 2026, troisième édition


Thème : Le rôle des sciences sociales dans la résolution des conflits en Afrique sub-saharienne

1. Argumentaire

Les conflits en Afrique subsaharienne restent un frein à l’atteinte des objectifs de développement durable (ODD) de l’Organisation des Nations Unies. Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations Unies (OCHA, 2023), plus de 305 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire en 2025. Le même rapport indique que cette situation est due en grande partie aux conflits armés dans certains pays dont entre autres le Soudan, le Mali, le Burkina Faso, le Niger…Il est estimé que plus de la moitié de ces personnes viennent d’Afrique Sub-saharienne (OCHA, 2023; Palik et al., 2020). Ces conflits sont ainsi un frein à la réalisation des ODDs (Angel, 2025) et leurs résolutions deviennent ainsi une nécessité.

Afin de résoudre ces conflits armés, il faudra d’abord les comprendre. En effet, Xie et al. (Xie et al., 2023) affirment que les conflits armés en Afrique subsaharienne sont dus à plusieurs facteurs dont entre autres la corruption, la mauvaise gouvernance, l’accès à l’eau. Quant à Ujunwa et al. (Ujunwa et al., 2021), ils rapportent que l’une des causes majeures des conflits est l’accroissement des inégalités et de la pauvreté. Ainsi, les conflits armés en Afrique subsaharienne sont alimentés par des facteurs structurels et entraînent des conséquences profondes sur la santé, l’éducation, l’économie et la cohésion sociale.

Un nombre croissant de données montrent que le contexte joue un rôle déterminant, tant dans la compréhension que dans la mise en œuvre de la gestion des conflits (protection). Les stratégies menées localement et sensibles au contexte sont largement reconnues comme essentielles pour combler l’écart entre les engagements mondiaux et les réalités du terrain (Norman & Mikhael, 2023 ; Roborgh et al., 2024). Le cas du Mali par exemple est particulièrement révélateur : malgré des années d’engagement international et l’adoption de cadres de nexus, l’insécurité chronique, les déplacements récurrents et la faiblesse de la gouvernance continuent de saper les résultats en matière de protection, mettant en lumière les lacunes en matière de coordination, de participation communautaire et de consolidation de la paix durable (Cho et al., 2025 ; Siddiqui & Guiu, 2024).

Les disciplines des sciences sociales telles que la sociologie, l’anthropologie, la science politique, l’histoire, la psychologie, le droit et d’autres encore, fournissent des instruments d’analyse critique, de compréhension des dynamiques locales ainsi que des stratégies durables pour sortir de crise (Leonardsson & Rudd, 2015). C’est ainsi que cette 3ème édition du Colloque International Nianguiry Kante (CINI) 2026 a choisi le thème « Le rôle des sciences sociales dans la résolution des conflits en Afrique subsaharienne ».

2. Objectif du Colloque

Ce colloque vise à analyser le rôle des sciences sociales dans la prévention, la médiation, la reconstruction post-conflit et la réconciliation. Spécifiquement, il s’agira de

  1. analyser des causes et dynamiques de ces conflits ;
  2. comprendre le rôle des institutions traditionnelles et locales ;
  3. promouvoir la justice sociale ;
  4. analyser les effets de ces conflits sur la santé ;
  5. analyser les effets et impacts de ces conflits sur le développement socio-économique de l’Afrique subsaharienne. Le colloque sera meublé par des conférences introductives, des ateliers, des communications orales en sessions parallèles et des communications affichées.

3. Axes thématiques

Ce colloque offrira un cadre de communication scientifique sur les sept axes thématiques suivants :

Axe 1 : Rôle des sciences sociales dans l’étude des conflits

Cet axe abordera le rôle fondamental que les sciences sociales jouent dans l’étude des conflits, en offrant des outils pour comprendre leurs causes, dynamiques et conséquences, ainsi que pour proposer des solutions adaptées (Bar-Tal et al., 2014). Les contributions de cet axe doivent analyser les conflits sous des angles multiples : structurels, culturels, historiques et médiatiques, et enrichir la réflexion sur la gestion et la résolution des tensions sociales.

Axe 2 : Importance des coutumes locales et des connaissances autochtones

L’importance des coutumes locales et des connaissances autochtones est largement reconnue dans la recherche contemporaine, notamment pour leur rôle clé dans la durabilité, l’éducation, l’adaptation au changement climatique et la préservation culturelle. Ces savoirs, enracinés dans l’expérience et l’adaptation à l’environnement local, sont essentiels pour le développement durable, la gestion des ressources et la transmission des valeurs culturelles. Les propositions doivent ainsi aborder ces savoirs et expériences locales pour la résolution des conflits armés, mais aussi la prévention et la réconciliation.

Axe 3 : Approches critiques et interdisciplinaires

Les conflits en Afrique subsaharienne sont complexes et multiformes, nécessitant des approches critiques et interdisciplinaires pour leur résolution. Les recherches récentes soulignent que l’efficacité passe par la combinaison de méthodes locales, institutionnelles et innovantes, adaptées aux contextes culturels, politiques et environnementaux. Les contributions de cet axe devront synthétiser ces méthodes afin d’offrir aux étudiants, enseignants-chercheurs, décideurs politiques, société civile et population des outils de gestion, prévention, résolution et de réconciliation.

Axe 4 : Importance des sciences sociales dans la réconciliation

Pour comprendre et soutenir la réconciliation suite à des conflits armés en Afrique, il est indispensable de se baser sur les sciences sociales. Elles permettent d’analyser les causes profondes des conflits, de concevoir des mécanismes adaptés de réconciliation, et de renforcer la cohésion sociale tout en tenant compte des réalités locales. C’est pourquoi les propositions et contributions de cet axe devront analyser les causes de ces conflits en Afrique subsaharienne pour aboutir à des mécanismes de réconciliation adaptés et durables.

Axe 5 : Impacts des conflits armés sur le développement socio-économiques de l’Afrique subsaharienne

Par cet axe, les contributions mettront en évidence la diversité culturelle en s’appuyant sur une approche collaborative pour mieux prévenir et lutter contre les épidémies et leurs conséquences mais surtout pour appréhender l’importance de la pensée systémique dans l’approche « Une Santé ».

Axe 6. Impacts des conflits armés sur la sante et les systèmes de sante en Afrique subsaharienne

Les conflits armés en Afrique subsaharienne ont des impacts profonds et durables sur la santé des populations et la performance des systèmes de santé. Ils entraînent une augmentation de la mortalité maternelle et infantile, une dégradation de la nutrition, une baisse de la couverture des soins essentiels et une fragilisation des infrastructures et des ressources sanitaires. Par conséquent, les contributions de cet axe permettront de faire l’état des lieux de la recherche dans ce domaine.

Axe 7. Traumatismes chez les enfants et adolescents sous les guerres et conflits

Les traumatismes chez les enfants et adolescents en Afrique subsaharienne en contexte de guerre sont massifs, multiformes et durables (Musisi & Kinyanda, 2020; Owoaje et al., 2016). Malgré des avancées dans la compréhension et l’intervention, d’importantes lacunes persistent, notamment en matière d’accès aux soins, de politiques publiques et de recherche sur certains groupes vulnérables (Doutchi et al., 2024). C’est ainsi que cet axe entend recevoir des contributions relatives à ces lacunes.

Des propositions regroupant d’autres aspects non indiqués dans ces axes mais permettant de discuter des problèmes de santé publique en Afrique sont également appréciables. Ces propositions ont trait par exemple aux technologies de l’Information.