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Pollution du fleuve Niger par la teinturerie au Mali - cas des unités de teinture de Dianéguela en Commune VI du District de Bamako
En l’absence d’un système de gestion efficace, le fleuve Niger est aujourd’hui agressé par le déversement des déchets de tous genres, qu’ils soient domestiques, industriels ou artisanaux. La présente étude a pour objectif de contribuer à la recherche de solutions à la pollution du fleuve Niger par la teinturerie dans le District de Bamako. La démarche méthodologique appliquée s’est appuyée sur l’observation directe et les enquêtes de terrain auprès des teinturiers, des populations riveraines, des services techniques en charge de la protection du fleuve Niger. Au total, 110 personnes ont été enquêtées. Les données collectées ont fait l’objet d’un traitement informatique à l’aide du logiciel SPSS. La méthode d’analyse utilisée a été la statistique descriptive. Les résultats de l’étude ont montré que le fleuve Niger est pollué par l’activité de teinturerie. Ainsi, 80% des riverains trouvent que le fleuve Niger est très pollué, contre 58% des teinturiers. Concernant les effets des produits utilisés pour la teinture, 62% des personnes enquêtées ont déclaré que les effluents des teintures ont des effets sur la santé de la population et sur l’environnement. Il ressort également des résultats que les teinturiers ne disposent pas de plan de gestion des eaux de teinture et qu’ils utilisent des produits chimiques non biodégradables, qui sont drainés vers le fleuve. Les conséquences sont le développement de la jacinthe d’eau, la dégradation de la biodiversité surtout celle aquatique et la prolifération des maladies liées à l’eau. L’étude a conclu que la gestion durable des effluents de teinture à Bamako nécessite une coordination efficace entre les différents acteurs et l’application rigoureuse des textes relatifs à la sauvegarde du fleuve Niger, qui continue d’être considéré comme un vaste égout à ciel ouvert.
Mots clés : Bamako, Dianéguela, fleuve Niger, pollution, teinturerie.
Co-auteur.e.s: Abdoulkadri Oumarou TOURÉ 1, Fatoumata MAIGA 1, Ahamadou DIYA 2, Issa OUATTARA 3*, Bourama CAMARA 3
1 Faculté d’Histoire et de Géographie, Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako, Mali;
2 Institut National de Formation des Travailleurs Sociaux (INFTS), Bamako, Mali ;
3 Institut de Développement Économique et Social (IDES), Bamako, Mali